Les cheveux restent dans le peigne, et l’inquiétude monte vite.
Quel bilan sanguin pour une chute de cheveux ? On vous explique les examens courants, ceux qu’on ajoute selon vos signes, et comment en parler avec votre médecin.
Quel bilan sanguin pour une chute de cheveux diffuse ?
Examens sanguins de première intention
Une chute diffuse touche tout le cuir chevelu et donne surtout l’impression que la chevelure a perdu de son volume. Un coup de brosse ne suffit pas à en trouver la cause : l’examen du cuir chevelu oriente d’abord le diagnostic, puis le médecin peut rechercher certaines causes dans le sang.
Dans ce cas, le médecin peut rechercher une anémie, une carence en fer ou un trouble de la thyroïde. Ces trois pistes sont fréquentes et se vérifient avec une prise de sang.
La numération formule sanguine, ou NFS, compte les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Elle repère une anémie. Celle-ci se voit parfois à une fatigue qui dure, un essoufflement à l’effort ou une pâleur inhabituelle.

Le dosage de la ferritine mesure les réserves de fer, un peu comme une jauge indique le niveau restant dans un réservoir. Selon le cas, le médecin ajoute le fer sanguin, la transferrine ou le coefficient de saturation de la transferrine.
La TSH, ou thyréostimuline, sert à dépister un fonctionnement anormal de la thyroïde. Si le résultat ou les symptômes l’exigent, on dose la thyroxine libre, appelée T4L. Elle complète alors l’évaluation.
Trois dosages reviennent le plus souvent, chacun avec un rôle précis :
- Ferritine : estime les réserves de fer, surtout en cas de règles abondantes, de grossesse récente ou de régime pauvre en fer.
- Bilan martial : précise le statut en fer lorsque la ferritine doit être interprétée avec davantage de recul.
- TSH : explore une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie.
Ce que montre une recherche de carence en fer
Le fer participe au transport de l’oxygène dans le sang. Quand les réserves s’épuisent, la chute peut devenir diffuse. C’est le cas chez les personnes ayant des menstruations abondantes, une grossesse récente ou des apports alimentaires limités.
Une inflammation peut faire grimper la ferritine, même quand les réserves de fer restent faibles. Le médecin peut alors demander la CRP, le coefficient de saturation de la transferrine ou d’autres paramètres. Il lit ainsi le bilan dans son ensemble.
En cas de carence confirmée, le professionnel cherche aussi son origine.
Il s’intéresse notamment à :
- aux pertes sanguines ;
- aux règles abondantes ;
- à l’alimentation ;
- à la grossesse ;
- aux troubles digestifs ;
- à une mauvaise absorption.
Les autres dosages dépendent des signes
Une chute diffuse peut conduire à rechercher une carence en vitamine B12, en folates, en vitamine D ou en zinc. C’est surtout vrai si l’alimentation est très restrictive, si une perte de poids accompagne la chute ou si d’autres symptômes apparaissent.
Ces dosages ne sont pas automatiques. Leur intérêt dépend du régime, des antécédents digestifs, d’une chirurgie, de symptômes neurologiques ou de ce que relève la consultation.
Une CRP peut aider à repérer un contexte inflammatoire, qui peut faire monter la ferritine et masquer des réserves de fer insuffisantes. Elle ne donne toutefois pas, à elle seule, la cause de la chute.
L’examen du cuir chevelu oriente le diagnostic avant la prise de sang
La répartition de la chute guide l’évaluation
Le médecin commence par observer où les cheveux se raréfient. Il regarde aussi depuis quand et à quelle vitesse. Une chute sur toute la tête, une raie qui s’élargit ou des plaques nettes n’orientent pas vers les mêmes causes.
Dans l’effluvium télogène, les cheveux passent trop tôt en phase de repos. Voici ce qu’il faut savoir :
- Ils tombent quelques semaines ou quelques mois après un événement déclencheur.
- La perte paraît souvent impressionnante.
- Les follicules restent généralement capables de produire un nouveau cheveu.
Une alopécie androgénétique féminine élargit la raie. Elle réduit la densité au sommet du crâne, la lisière frontale étant souvent conservée. Cette forme typique ne nécessite pas systématiquement un bilan hormonal.
Les examens complémentaires précisent la cause
Une biopsie du cuir chevelu prélève un petit fragment de peau sous anesthésie locale. Elle peut être proposée si une alopécie cicatricielle est suspectée. Elle peut aussi l’être si le diagnostic reste incertain après l’examen et les premiers tests, notamment dans le cadre d’une évaluation dermatologique.
Les follicules disparaissent parfois dans une zone brillante, rouge ou douloureuse. Cela mérite une évaluation médicale rapide. Une alopécie cicatricielle détruit définitivement les follicules. Une alopécie non cicatricielle laisse davantage de chances de repousse.
Les dosages hormonaux dépendent du profil et des signes associés
Une alopécie androgénétique typique ne suffit pas à imposer un bilan hormonal
Une alopécie androgénétique typique repose d’abord sur la forme de la raréfaction, les antécédents familiaux et l’examen des cheveux. Des hormones normales dans le sang n’excluent pas cette forme. Le follicule peut en effet être très sensible aux androgènes.
Chez la femme, une alopécie androgénétique typique peut aller de pair avec une raie centrale plus large, sans excès d’hormones mesurable dans le sang. Le dosage hormonal n’est donc pas systématique devant chaque éclaircissement du sommet du crâne.
Le bilan devient plus pertinent lorsque la chute progresse rapidement ou s’associe à des signes d’excès d’androgènes, notamment :
- une pilosité inhabituelle
- une acné importante
- des règles irrégulières
- une difficulté à concevoir
Signalez-les au médecin dès la consultation.
Attention : une voix qui devient plus grave, une pilosité qui augmente vite, une prise de muscle ou un clitoris qui grossit demandent une consultation sans attendre. Ces signes peuvent traduire une virilisation, et ils exigent un examen ciblé.
Les analyses hormonales sont adaptées au contexte
Selon les signes, le professionnel peut demander la testostérone totale ou libre. Il peut aussi demander le sulfate de déhydroépiandrostérone, appelé SDHEA, et parfois l’androstènedione. Ces examens explorent différentes sources possibles d’androgènes.
La prolactine peut être envisagée en cas d’écoulement mammaire ou de troubles des règles, selon le contexte. Elle ne fait pas partie du bilan systématique de toute chute de cheveux.
Les dosages de FSH et de LH, deux hormones qui participent au fonctionnement des ovaires, peuvent être utiles si un syndrome des ovaires polykystiques est envisagé.

Attention : les contraceptifs, certains traitements hormonaux et les compléments contenant des hormones peuvent fausser les résultats. Apportez donc la liste de vos médicaments et compléments, y compris ceux achetés sans ordonnance.
Les causes d’une chute importante orientent les examens à rechercher
Les circonstances de début donnent des indices
Une chute apparue deux ou trois mois après l’un des événements suivants évoque un effluvium télogène :
- une forte fièvre
- une infection
- une opération
- un accouchement
- une perte de poids rapide
- un choc important
Le calendrier compte presque autant que la quantité de cheveux perdus.
Après un accouchement, la chute survient souvent quelques semaines plus tard. Des cheveux restés longtemps en phase de croissance passent alors ensemble en phase de repos. Ce décalage explique pourquoi la cause n’est pas toujours évidente au premier regard.
Un régime très pauvre en calories, en protéines, en fer ou en zinc peut favoriser une chute diffuse. Le médecin adapte alors les analyses à vos habitudes alimentaires.
Une fatigue marquée, une sensation de froid, une variation de poids, des palpitations, des troubles digestifs ou des règles très abondantes orientent les examens. Ces signes peuvent pointer vers la thyroïde, le fer, l’absorption digestive ou une autre maladie générale. Le médecin choisit ensuite les tests adaptés.

Une chute par plaques, une atteinte des sourcils, des douleurs du cuir chevelu, des rougeurs ou des squames ne relève pas forcément d’un simple bilan sanguin. Le dermatologue peut privilégier une trichoscopie, un prélèvement mycologique ou une biopsie.
Les médicaments et les habitudes capillaires comptent aussi
Plusieurs familles de médicaments peuvent provoquer une chute ou modifier le cycle du cheveu :
- anticoagulants
- traitements de la thyroïde
- anticonvulsivants
- rétinoïdes
- bêtabloquants
- médicaments contre l’hypertension
- chimiothérapies
N’arrêtez jamais un traitement seul pour vérifier s’il est responsable. Le professionnel compare la date de début du médicament avec celle de la chute. Si nécessaire, il décide d’une adaptation sécurisée.
Attention : une alimentation variée ne justifie pas automatiquement des compléments « antichute ». Un supplément de fer, de zinc ou de vitamine doit répondre à une carence identifiée. Un excès peut lui aussi poser problème.
Le professionnel choisit les analyses utiles
Avant la prise de sang, préparez les informations qui font gagner du temps :
- date de début et évolution de la chute
- zones touchées
- maladie récente, opération ou grossesse
- perte de poids et régime alimentaire
- médicaments, compléments et antécédents familiaux
Un médecin généraliste peut réaliser la première évaluation. Il prescrit les examens adaptés. Une consultation dermatologique devient utile si la chute est rapide, persistante ou atypique. Elle l’est aussi si des signes apparaissent sur le cuir chevelu.
Consultez rapidement si la chute s’accompagne de plaques qui s’étendent. Consultez aussi en cas de douleur, d’inflammation, de cicatrices, de signes généraux ou de signes de virilisation. Ces situations demandent d’identifier la cause avant de multiplier les compléments.
Le bilan pertinent peut donc comprendre une NFS, une ferritine, un bilan martial et une TSH. Selon les signes, il peut aussi inclure des vitamines, du zinc, une CRP ou des hormones. Le professionnel de santé sélectionne les examens utiles et interprète les résultats avec vous.
Une fois le bilan rendu, gardez un œil sur la suite. Une chute liée à un événement ponctuel, comme une forte fièvre ou un accouchement, a souvent de bonnes chances de se stabiliser. Si les pertes persistent malgré l’analyse, revenez en discuter avec votre médecin.





