Vous hésitez à essayer la pressothérapie ? Le remboursement par la Sécurité sociale est la première chose à vérifier. Entre soins médicaux et séances de confort, on s’y perd vite.
On démêle ensemble les cas remboursés, ceux à votre charge et les démarches.
Pressothérapie, remboursement par la Sécurité sociale selon trois cadres
La pressothérapie consiste à enfiler des bottes ou des manchons gonflables. Des chambres d’air se gonflent puis se dégonflent à tour de rôle, comprimant le membre ou la zone équipée.
Son remboursement dépend surtout de ce pour quoi vous l’utilisez. Il dépend aussi du matériel choisi.
Pour un appareil à domicile, la prise en charge passe par la Liste des produits et prestations remboursables, la fameuse LPP. Le dispositif doit correspondre à un code précis. Il doit aussi respecter les indications prévues.
À l’inverse, une séance de confort ou d’esthétique reste à votre charge. C’est le cas pour des jambes lourdes, de la cellulite ou une simple récupération sans indication médicale.
Le drainage lymphatique médical est remboursé sous conditions

Le drainage lymphatique manuel peut être pris en charge. Cela vaut quand il fait partie de la rééducation d’un lymphœdème avéré. C’est le cas après une chirurgie ou une radiothérapie, ou pour un lymphœdème congénital. Une ordonnance médicale est alors indispensable.
Concrètement, la nomenclature prévoit plusieurs cas :
- Un membre, le cou ou le visage : cotation RAV 8, pour une séance d’environ 30 minutes.
- Deux membres : cotation RAV 9, avec une durée proche de 30 minutes.
- Un bras après un cancer du sein : un acte particulier réunit drainage manuel, rééducation de l’épaule, soins de la peau et pose de bandages, pendant la phase intensive du traitement.
Pour le bras, les critères sont précis. Il faut une différence de circonférence supérieure à 2 centimètres à au moins un endroit. Il faut aussi une limitation de l’épaule et une gêne réelle au quotidien.
La séance spécifique dure environ 60 minutes. Elle comprend les soins prévus par l’acte. La nomenclature retient un nombre optimal de 10 séances. Un bilan complémentaire est prévu si la situation demande un suivi plus long.
Faites attention à la formulation de votre ordonnance. Écrire seulement « pressothérapie » ne suffit pas toujours. Décrivez le problème médical à traiter. Le professionnel facturera ensuite un acte conforme à la nomenclature.
Avant le premier rendez-vous, préparez deux documents. L’ordonnance permet au kinésithérapeute de vérifier l’indication et le nombre de séances. Le devis montre la base remboursable, un éventuel dépassement et les actes non remboursés.
Bottes et appareils, la LPP conditionne le remboursement

La LPP regroupe les dispositifs médicaux que l’Assurance Maladie peut rembourser. Elle ne couvre pas tout appareil vendu sous le nom de « pressothérapie ». Vérifiez donc avant d’acheter.
Pour être remboursé, un appareil doit cocher plusieurs cases :
- Une prescription : elle doit émaner d’un professionnel autorisé à prescrire ce type de dispositif.
- Une inscription à la LPP : le produit doit figurer sur la liste, avec une indication qui correspond à votre situation.
- Un code LPP lisible : ce code doit apparaître sur le devis ou la facture du fournisseur.
Une ordonnance LPP est valable 12 mois. Vous devez faire la première délivrance dans les six mois suivant la prescription. Le renouvellement suit ensuite les règles en vigueur.
Le remboursement d’une séance dépend du tarif conventionnel
Une séance de kinésithérapie prescrite est en général remboursée à 60 % de la base de remboursement de l’Assurance Maladie. Autrement dit, la caisse ne prend pas en charge 60 % du prix fixé librement par le professionnel.
Pour les actes de drainage lymphatique, les bases métropolitaines permettent de faire le calcul :
| Situation traitée | Cotation | Base conventionnelle |
|---|---|---|
| Lymphœdème avéré d’un membre, du cou ou du visage | RAV 8 | 17,68 € |
| Lymphœdème avéré de deux membres | RAV 9 | 19,89 € |
| Bras après cancer du sein, avec rééducation et bandage | RAV 15,5 | Environ 34,26 € |
Sur une base de 17,68 €, la part théorique de l’Assurance Maladie tourne autour de 10,61 €. Sur une base de 19,89 €, elle s’élève à environ 11,93 €, avant application de la franchise médicale.
Depuis le 1er octobre 2026, la franchise médicale appliquée à un acte paramédical est de 1 € par acte. Elle est plafonnée à 4 € par jour pour les actes concernés et à 70 € par an.
- Franchise : 1 € par acte paramédical
- Plafond : 4 € par jour pour les actes concernés
- Plafond annuel : 70 €
Le professionnel doit vous informer de ses tarifs et vous remettre un devis dès que le dépassement atteint le seuil réglementaire. Demandez aussi si la séance inclut un bandage, de la rééducation ou un temps d’utilisation de l’appareil.
Votre mutuelle peut couvrir la part laissée par l’Assurance Maladie, selon le niveau prévu dans votre contrat. Regardez en particulier la garantie « auxiliaires médicaux », la prise en charge des dépassements et les actes de prévention ou de médecine douce.
Les séances esthétiques ou de confort restent à votre charge

Une séance pour lisser la cellulite, affiner la silhouette, détendre les jambes ou récupérer après le sport relève du confort. Tant qu’elle ne traite pas une maladie diagnostiquée, elle n’est pas remboursée. Dans ce cas, l’Assurance Maladie ne rembourse rien.
Le lieu ne change rien à l’affaire. Qu’elle ait lieu dans un cabinet, un institut, une salle de sport ou un centre esthétique, la séance reste à votre charge si elle n’est pas facturée comme un acte médical remboursable.
Avant de réserver, vérifiez deux choses. Une prescription peut être exigée pour une séance ou un appareil. Votre mutuelle prend parfois en charge une prestation que la caisse ignore, mais cela dépend de votre contrat.
La pressothérapie comprime les membres sans remplacer le drainage manuel

La pressothérapie envoie de l’air dans des chambres. Elles se gonflent, puis se dégonflent. Cela serre le bras, la jambe ou la zone équipée, à tour de rôle.
Le drainage manuel se fait tout autrement. Ce sont vos mains, celles du masseur-kinésithérapeute, qui agissent. Il ajuste la direction, la force et la zone travaillée selon l’œdème, l’état de la peau et vos réactions.
Les deux peuvent se combiner pour un lymphœdème, mais leur rôle diffère. Le drainage manuel mobilise les tissus et permet d’examiner la zone pendant le soin. Le bandage ou la compression médicale aide à garder le volume réduit.
Attention : la compression demande de la prudence en cas d’artériopathie des membres inférieurs, de neuropathie importante, d’infection aiguë, de thrombose ou de certaines complications cardiaques. Demandez un avis médical avant d’utiliser une machine à domicile.
Stoppez la séance et contactez un professionnel si la compression provoque :
- une douleur inhabituelle
- un engourdissement
- un gonflement qui s’aggrave vite
- une coloration anormale de la peau
- une gêne respiratoire
Ces signes demandent un avis médical. Un simple réglage de l’appareil ne suffit pas.
Avant de signer un devis, vérifiez que votre situation correspond à une indication médicale. Sinon, la séance reste un confort, à payer de votre poche. Si c’est le cas, réclamez une ordonnance et un code LPP lisible sur le devis.





